
À propos
Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907, Poughkeepsie, États-Unis – 1977, Chiddingly, Royaume-Uni) fut tour à tour mannequin, artiste surréaliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine. Longtemps reléguée au rôle d’égérie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du XXème siècle. L’exposition retrace l’ensemble de son parcours, de ses débuts à New York aux années de guerre en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. Elle démontre la richesse d’une œuvre où cohabitent expérimentations formelles, audace visuelle et engagement politique. Dix-huit ans après la dernière rétrospective française au Jeu de Paume, le Musée d’Art Moderne de Paris propose un parcours en six parties, mêlant approche chronologique et thématique. L’expositionL’exposition s’ouvre sur un ensemble de portraits de Lee Miller réalisés par les plus grands photographes et cinéastes des années 1920 et 1930. Lee Miller s’impose comme une personnalité du New York de la fin des années 1920 à travers tout d’abord son activité de mannequin. Elle est l’un des modèles les plus recherchés par les magazines, figurant l’archétype de la femme moderne, émancipée et active. Lors de son séjour à Paris, ses liens avec les surréalistes la conduisent à jouer l’un des rôles principaux du premier film de Jean Cocteau, Le Sang d’un poète (1930-1932). Le parcours se poursuit en examinant l’importance de son séjour parisien entre 1929 et 1932. Cette période est marquée par sa rencontre avec Man Ray, dont elle devient l’apprentie mais également la compagne. Leur intense collaboration explore la puissance érotique du médium photographique, et se matérialise notamment dans leur découverte conjointe de ce que Lee Miller appelait la « solarisation ». Également connue sous le nom d'effet Sabatier, la solarisation est une technique consistant à réexposer brièvement un tirage ou un négatif à la lumière pendant le traitement. Il en résulte une inversion partielle des tons de la photographie, créant un effet de halo onirique. Ce phénomène a été observé pour la première fois dans les années 1840, mais Man Ray et Lee Miller sont souvent considérés comme les premiers artistes à l'avoir utilisé de manière créative. Lee Miller ouvre son propre studio et travaille comme photographe pour Vogue, affirmant ainsi son désir d’indépendance artistique. Ses photographies, singulières par leur goût pour les cadrages obliques et les rapprochements insolites, sont exposées dans les galeries parisiennes aux côtés des grands photographes de l'époque (Germaine Krull, Brassaï…). Cette période très riche s’achève par son départ pour New York en 1932, où elle ouvre un nouveau studio. Sa première exposition personnelle est alors organisée par la galerie Julien Levy. Il n’y en aura pas d’autres de son vivant. Son activité de portraitiste, à laquelle deux sections sont dédiées, prend un véritable essor, et se poursuivra tout au long de sa vie. Elle reflète ses nombreux liens avec les milieux artistiques et littéraires. En 1934, Lee Miller épouse l’homme d’affaire égyptien Aziz Eloui Bey et s’installe avec lui au Caire. Les photographies de cette période frappent par l’affirmation des motifs, des textures et des cadrages qui composent ses images. Loin de l’exploration de thèmes exotiques, Miller va davantage porter son attention vers les contrastes de matières et de formes, les changements de perceptions induits par les angles de prises de vues. En 1937, la rencontre de Miller avec le peintre et poète surréaliste Roland Penrose l’éloigne progressivement de l’Égypte. Elle passe davantage de temps en Europe en compagnie de ses amis surréalistes. En 1939, au déclenchement de la guerre, elle choisit de rester à Londres et s’investit progressivement dans les publications du Vogue britannique en tant que photographe de mode. Cette section montre l’utilisation dans ses clichés des ruines et des bombardements de Londres. Elle participe par ailleurs à la publication en mai 1941 de l’ouvrage Grim Glory : Pictures of Britain Under Fire (Gloire lugubre, images de la Grande-Bretagne sous le feu), qui témoigne de la vie quotidienne pendant le Blitz en mêlant célébration patriotique et humour noir. À l’hiver 1942, Miller est l’une des rares femmes photographes à obtenir une accréditation de correspondante de guerre par les États-Unis. Désormais, elle couvre directement le conflit et consacre de nombreux reportages aux femmes engagées dans la guerre : infirmières, membres de la défense anti-aérienne, aviatrices, qui paraissent aussi bien dans le Vogue britannique qu’américain. Quelques semaines après le Débarquement de juin 1944, elle traverse la Manche pour suivre l’avancée des troupes alliées, et se trouve en première ligne sur le front, notamment lors de la libération de Saint-Malo. Ses photographies et ses articles dénoncent la violence du conflit. Le parcours montre la façon dont elle se distingue alors des reportages de guerre classiques, par le ton qu’elle emploie et son engagement très personnel. Son œil et sa sensibilité s’attachent davantage à des détails signifiants, qu’au théâtre des opérations militaires. En avril 1945, aux côtés du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend à Dachau et Buchenwald juste après la libération des camps. Accompagnés d’un article (Believe it – juin 1945), certains de ses clichés publiés dans Vogue font état de sa sidération. Les photographies de Lee Miller sont parmi les premières à révéler au grand public l’entreprise d’extermination de masse des nazis. Le 30 avril 1945, juste après avoir photographié le camp de Dachau, Lee Miller se rend à Munich et entre dans l’appartement d’Adolf Hitler. Dans une photographie entièrement mise en scène et chargée de symboles, elle pose dans la baignoire du dictateur. Peu diffusée sur le moment, l’image est aujourd’hui considérée comme l’une des photographies les plus emblématiques de la fin du conflit mondial. Jusqu’en janvier 1946, Lee Miller photographie l’Europe et la Libération. Ces images reflètent la douleur et les privations mais également les laissés-pour-compte de la Libération, comme les femmes et les enfants. Miller confie ainsi à son éditrice : « Je préfère décrire les dégâts des villes détruites et des personnes blessées plutôt que de faire face au moral brisé et à la foi anéantie de ceux qui pensaient que “les choses allaient redevenir comme avant” ». Les années qui suivent, Miller peine à se relever de son expérience de la guerre. La dernière section de l’exposition est consacrée à son installation à Farley Farm House (Sussex) avec Roland Penrose et leur fils Antony. Lee Miller poursuit tout d’abord ses reportages et photographies de mode pour Vogue, mais cesse peu à peu son travail commercial. Dans un cadre plus privé, elle continue à réaliser des portraits de ses proches, qui reflètent son engagement continu auprès de l'avant-garde internationale. Farley’s House, reflet du couple Miller-Penrose, devient un lieu important de rencontres artistiques au cours desquelles Lee Miller s’adonne à de nombreuses expérimentations culinaires, qui rendent souvent hommage à l’inventivité de ses amis.
Prochaines séances
Localisation
Prix non communiqué
Votre entreprise peut financer vos sorties.
CultureLib offre un budget culture mensuel aux salariés.
En parler à mon employeur →Au même endroit : Musée d'Art Moderne de Paris
→ 4 janv.Florian Krewer : woven thin*
Musée d'Art Moderne de Paris
GratuitFlorian Krewer : woven thin*
Florian Krewer (né en 1986 à Gerolstein, Allemagne) a étudié la peinture à la Kunstakademie de Düsseldorf auprès de Peter Doig. Sa pratique est profondément autobiographique, nourrie par une confrontation directe avec le monde qui l’entoure. Les peintures de Krewer célèbrent des moments d’intimité et une résilience collective au milieu d’un environnement le plus souvent hostile.
Gratuit
2 offres comparées
→ 2 aoûtLee Miller
Musée d'Art Moderne de Paris
dès 17 €Lee Miller
Cette grande rétrospective est organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago. L’exposition retrace l’ensemble du parcours de la photographe Lee Miller, de ses débuts à New York aux années de guerre en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. Elle met à jour la richesse d’une œuvre où cohabitent expérimentations formelles, audace visuelle et engagement politique.
dès 17 €
2 offres comparées
→ 19 juil.Réalités estoniennes
Musée d'Art Moderne de Paris
GratuitRéalités estoniennes
L’exposition met en valeur la richesse et la vitalité de la scène artistique estonienne à travers le regard de trois artistes de générations différentes : lga Terri, Anu Põder et Kris Lemsalu. Chacune à leur manière, elles reflètent un moment de la création de ce pays à l’histoire aussi passionnante que tourmentée. Marquée par sa mise sous tension entre les sphères d’influence européenne et russe, l’Estonie a su conserver une culture originale, foisonnante et dynamique, dont découlent les œuvres présentées.
Gratuit
2 offres comparées
→ 12 juil.Brion Gysin, le dernier musée
Musée d'Art Moderne de Paris
dès 17 €Brion Gysin, le dernier musée
Inventeur duCut-upet de laDreamachine, l'œuvre de Brion Gysin (1916-1986) se déploie à l’intersection de la peinture et de l’écriture, mobilisant une gamme sans cesse renouvelée de langages plastiques. Nourri de ses rencontres, son travail s’est exprimé à travers des formes telles que la poésie sonore et visuelle, le cinéma expérimental, la performance, le roman et la musique, sans oublier la peinture et la photographie. L’exposition retrace les grandes étapes de son parcours artistique qui traverse toutes les avant-gardes du XXe siècle et montre, en contrepoint, les œuvres d’artistes dont il a été proche ou qu’il a inspirés (William Burroughs, Françoise Janicot et Bernard Heidsieck, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith, Ramuntcho Matta...).
dès 17 €
2 offres comparées
→ 23 oct.Marche culturelle et sportive - Parcours Ouest
Musée d'Art Moderne de Paris
Marche culturelle et sportive - Parcours Ouest
Un parcours sportif et culturel à la découverte du Petit Palais, du Palais Galliera et du Musée d’Art Moderne.
À voir aussi à Paris
→ 16 aoûtBricks of Wonder - au cœur des Bricks
Espace Champerret
dès 14.9 €Bricks of Wonder - au cœur des Bricks
L'expositionBricks of Wonder - au cœur des Bricksest référencée dans notre rubriqueJeune public.
dès 14.9 €
4 offres comparées
→ 6 sept.Gianni Versace Retrospective
Musée Maillol
dès 15.9 €Gianni Versace Retrospective
Dans une scénographie pop, l'exposition retrace la carrière dédiée à la création de Gianni Versace. Du modernisme italien aux références à l’Antiquité de la Magna Graecia, des fastes du Barocco aux influences du Pop Art, le parcours révèle une mode nourrie d’histoire, d’art et de culture populaire. Il met en lumière les liens étroits entre Versace et les grandes figures de la culture populaire, des icônes de la musique aux personnalités du cinéma et de la scène internationale. L'exposition rappelle aussi le rôle déterminant des supermodels dans l’émergence d’une nouvelle ère de la mode.
dès 15.9 €
4 offres comparées
→ 22 nov.Hugo et l'architecture
Maison de Victor Hugo
dès 11 €Hugo et l'architecture
AprèsHugo décorateur, cette exposition explore les liens entre Victor Hugo et l'architecture, mettant en évidence la manière dont elle se déploie dans son œuvre littéraire et graphique. Écrivain romantique, dramaturge accompli, poète engagé, artiste visionnaire et décorateur, Victor Hugo entretient un rapport privilégié et incontournable à l'architecture qui l'a toujours inspiré. Églises, cathédrales et châteaux noircissent ses carnets et donnent sens à ses récits.
dès 11 €
3 offres comparées
→ 12 juil.La mode au XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé
Palais Galliera
dès 14 €La mode au XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé
L’exposition permet de découvrir les caractéristiques de la mode féminine au siècle des Lumières, en regard de nombreuses réinterprétations plus contemporaines. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les références à la mode des Lumières sont nombreuses. À la fin des années 1940, les couturiers français se tournent à nouveau vers son héritage, qui permet de valoriser le savoir-faire français dans le domaine du luxe. La dernière partie du parcours présente des tenues iconiques de créateurs contemporains : Chanel, Dior, Christian Lacroix, Nicolas Ghesquière pour Balenciaga et Vuitton, Dries van Noten…
dès 14 €
3 offres comparées
→ 13 sept.Adya et Otto van Rees, au cœur des avant-gardes
Musée de Montmartre
GratuitAdya et Otto van Rees, au cœur des avant-gardes
À travers une centaine d’œuvres issues de collections publiques et privées françaises, suisses et néerlandaises – peintures, arts graphiques, broderies, sculptures, projets d’arts décoratifs et créations familiales plus intimes – l’exposition suit l’itinéraire de vie du couple Adya et Otto van Rees, et retrace l’évolution de leurs parcours artistiques respectifs, du divisionnisme au cubisme en passant par le cloisonnisme, jusqu’aux formes les plus abouties de l’abstraction. Cette exposition a vocation à réhabiliter la contribution audacieuse et expérimentale des deux artistes, et met en lumière la place qu’ils occupent chacun dans l’histoire de l’art moderne.
Gratuit
3 offres comparées
→ 20 sept.Kourtney Roy, All Inclusive
Citéco — La Cité de l'Économie
dès 12 €Kourtney Roy, All Inclusive
Les photographies aux couleurs saturées et aux mises en scènes cinématographiques de Kourtney Roy, ne formulent aucun discours économique. Toutes évoquent le voyage, les vacances, le tourisme. En écho, des contenus économiques viennent éclairer ce que ces scènes de vacances peuvent révéler du tourisme globalisé : l’essor spectaculaire de celui-ci depuis les années 1960, son poids économique majeur, ses externalités négatives sur l’environnement et les populations locales, mais aussi les inégalités d’accès au voyage ou les transformations des territoires.
dès 12 €
3 offres comparées